Hello,
Bienvenue dans cette édition #230 des Persos de Maud ! On est désormais 24,522 dans cette newsletter. Que tu sois là depuis le début, ou que tu viennes de me découvrir, merci de me lire ❤️.

Une journée pour passer un cap en tant que coach
Il y a aujourd’hui tellement de coachs sur le marché que devenir visible tient de l’exploit. Beaucoup d’appelés, peu d’élus.
Les rares que j’ai vu dépasser les 100k de CA en un temps record avaient un point commun : ils étaient tous passés par 108 Milliards. Une méthode de coaching fondée sur les neurosciences, et un vrai cadre business derrière.
Le vendredi 18 septembre, ils ouvrent leurs portes une journée entière pour qu’on vienne voir de l’intérieur comment ils travaillent. Découverte de la méthode, mise en pratique, témoignages, rencontre avec les coachs du collectif.
Et notamment, à 15h00 : réussir en tant que coach aujourd’hui. Business, acquisition, positionnement, erreurs à éviter. C’est le moment le plus utile de la journée pour qui veut se lancer ou passer un cap.
(Sur invitation, places limitées.)
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Au programme
Demandez-vous ce que vous évitez
Rappelez-vous pourquoi vous le faites
Écrivez à côté
Écrivez moins longtemps
Changez de medium
Sortez sans rien emporter
Lisez quelqu’un d’autre
La limite de la motivation
Nous sommes début septembre, et peut-être que ça y est, finalement, après des mois (voire des années) à se dire qu’il fallait poster sur les réseaux sociaux, c’est décidé, en septembre vous vous lancez.
Ou peut-être que vous postez depuis un moment déjà mais que vous revenez d’une longue pause estivale.
Quoi qu’il en soit, vous êtes là, devant votre ordinateur, motivé comme jaja. Vous avez les idées qui fourmillent, et peut-être même quelques contenus d’avance.
Sauf que, je suis désolée de vous le dire, mais ça ne va pas durer.
La motivation n’est pas une qualité, c’est un état. Elle monte quand on rentre de vacances, et elle redescend quand la vie reprend son poids normal.
C’est un carburant, pas un moteur.
Le jour viendra où vous ouvrirez votre document et où il ne se passera rien. Fini les fourmillements. Fini l’élan.
Cette édition est écrite pour ce jour-là. Aujourd’hui, si vous êtes motivé, elle ne vous sert à rien, mais je vous conseille de l’enregistrer et d’y revenir pour le moment où vous serez en panne créative sévère.
1/ Demandez-vous ce que vous évitez
Adam Grant dit que « La procrastination n’est pas un problème de gestion du temps. C’est un problème de gestion des émotions. »
Remettre à demain n’est pas de la paresse, c’est une réponse émotionnelle, à l’ennui, à l’insécurité, à la peur d’échouer. Donc si vous n’écrivez plus, la première question à se poser n’est pas “comment me remotiver”, mais “qu’est-ce que j’évite ?”.
Et souvent, c’est la peur ou la colère.
Dans Libérez votre créativité, Julia Cameron propose justement un exercice en 5 étapes pour ça :
Listez tous les ressentiments (la colère) que vous avez en lien avec ce projet. Peu importe qu’ils paraissent mesquins, pointilleux ou irrationnels à votre moi adulte. “Je suis en colère parce qu’il a 10k abonnés avec des posts moins bons que les miens”, “Parce que je fais ça depuis un an et que je n’ai toujours pas un client”…
Ensuite, listez toutes les peurs liées à ce que vous voulez publier. “J’ai peur que ce post soit nul et que je ne m’en rende pas compte”, “J’ai peur qu’il soit bon et que personne ne le voie”, “J’ai peur que tout ait déjà été dit”…
Demandez-vous si c’est tout. Rajoutez ce que vous avez oublié.
Demandez-vous ce que vous gagnez à ne pas le faire. “Si je ne publie pas, personne ne peut détester”…
Passez un contrat. Le contrat, c’est : « OK, Force créatrice, toi tu t’occupes de la qualité, moi je m’occupe de la quantité. » Signez-le, et affichez-le.
2/ Rappelez-vous pourquoi vous le faites
En général, quand on perd la motivation, c’est que les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes.
Concrètement : ça fait des mois que vous postez et qu’il ne se passe rien. Vos contenus font 8 likes, et vous vous demandez sérieusement pourquoi vous continuez à souffrir autant pour si peu.
Dans ces moments-là, la première chose à faire est de se rappeler pourquoi vous le faites.
Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de faire un coaching avec Mounia Erkha, spécialiste en neurosciences, qui m’a partagé une technique très utile.
Une fois qu’on s’est fixé un objectif clair (atteindre 5000 abonnés sur LinkedIn, poster 1 newsletter par semaine …), elle recommande de remplir trois pages de bénéfices à atteindre cet objectif. Par exemple :
J’aurais potentiellement plus de leads par semaine
Et donc plus de chiffre d’affaires
Je pourrais avoir des sponsors de niche
Mon amour sera fier(e) de moi
Ça montre que j’ai des choses à dire
…
Trois pages, c’est beaucoup, et en même temps, c’est ce qu’il faut pour rassurer votre cerveau. Pour trouver des idées, Mounia recommande de penser à toutes les sphères de votre vie sur lesquelles votre objectif aura de l’impact : habitudes, environnement, identité, possessions …
3/ Écrivez à côté
Un autre moyen de vous remettre à publier, c’est de ne pas attaquer le texte qui bloque.
Un été, il y a quelques années, je lisais Show Your Work d’Austin Kleon, et une phrase m’a arrêtée : “Internet n’est plus un endroit sûr pour mener une réflexion expérimentale, surtout pour quelqu’un qui a un public”.
À ce moment-là, je me suis rendu compte que 80 % de ce que j’écrivais étaient destinés à être publié. Je n’avais aucun terrain juste à moi. Et quand tout ce qu’on crée est noté, on finit par avoir peur de n’être que ça : ce qu’on publie, et le chiffre en dessous.
Alors, j’ai décidé d’inverser le rapport :
80 % pour moi,
20 % pour être publié.
Résultat : je suis beaucoup moins affectée par les hauts et les bas de l’engagement, parce que ce n’est plus la seule chose que je crée.
Si vous bloquez, la solution n’est pas de créer moins. C’est de créer plus, ailleurs. Un journal, un poème, une lettre que vous n’enverrez pas, un dessin. N’importe quoi, du moment que personne ne peut le noter.
4/ Écrivez moins longtemps
Malgré une douzaine de livres publiés, un jour, l’écrivaine américano-coréenne Linda Sue Park s’est retrouvée bloquée pendant des mois.
Plus une ligne.
Jusqu’au jour où elle est tombée sur la méthode Pomodoro et qu’elle s’est décidé à la tester.
Sauf qu’elle n’a jamais réussi à tenir les 25 minutes d’écriture.
Alors elle a retiré une minute à la fois. 22, 20, 19, 16, 14. À 12 minutes, quelque chose s’est débloqué. Depuis, elle écrit ses romans entiers par sessions de 12 minutes, qu’elle relance quand ça va bien, en faisant croire à son cerveau qu’il n’y en a que pour 12.
En général, les gens adorent planifier 2-3h dans leur agenda pour créer du contenu, mais quand on n’a plus d’énergie ni de motivation, c’est trop pour notre cerveau.
Concrètement : mettez un timer de 12 minutes avec téléphone dans l’autre pièce. Vous avez le droit d’arrêter à la sonnerie, et je vous jure que le plus souvent, vous relancerez.
5/ Changez de medium
Parfois, il suffit simplement de changer de méthode.
Brené Brown a écrit plusieurs best-sellers, et chacun a été une torture. À l’oral, ses idées coulent. Mais dès qu’elle doit les écrire, c’est l’enfer.
Alors, pour son dernier livre, elle a décidé de faire autrement. Elle a demandé à deux amies de la rejoindre dans une maison de plage à Galveston. Tous les jours, elle leur racontait ses histoires, et les amies prenaient des notes. Ensuite, elle filait dans la pièce d’à côté avec le carnet à travailler.
Elle n’a jamais écrit aussi vite, ni aussi bien.
Pour moi, ce qui a marché, c’est le papier. Ouvrir une page sur ordinateur me stressait trop, ça me donnait l’impression que tout ce que j’écrivais dessus devait être fantastique. Alors que sur papier, j’ai beaucoup plus l’impression d’écrire pour moi, et j’accepte la version brouillon.
Concrètement : si vous écrivez sur ordinateur, prenez un stylo. Si vous bloquez à l’écrit, racontez votre post à quelqu’un qui prend des notes, ou à l’enregistreur de votre téléphone, puis recopiez-le.
Le medium n’est pas neutre, et celui sur lequel vous bloquez n’est pas forcément celui qui vous convient.
6/ Sortez sans rien emporter
Si vous n’arrivez plus à écrire, c’est peut-être que vous n’avez pas eu 10min de tranquillité depuis trois semaines.
Dans Daily Rituals, Mason Currey a compilé les journées de 161 créateurs, et il y a une chose que presque tous font : ils sortent marcher.
Victor Hugo, à Guernesey, écrivait debout jusqu’à 11h, puis partait marcher deux heures, un petit carnet dans la poche pour noter ce qui lui venait.
Kierkegaard écrivait le matin, marchait dans Copenhague à midi, et c’est en marchant qu’il avait ses meilleures idées.
Tchaïkovski faisait 2h de marche par jour, pas une minute de moins, persuadé qu’il tomberait malade s’il rentrait cinq minutes en avance.
Ce qu’ils avaient compris, c’est que l’esprit a besoin de moments sans rien à digérer. Pas une information de plus. C’est dans ce vide-là que les idées remontent, et c’est exactement ce que nous n’avons plus, entre les notifications, les podcasts et les réunions.
Concrètement : sortez marcher 20min sans téléphone et sans écouteurs. Pas de podcast, pas de musique, rien à écouter. La seule condition, c’est l’ennui.
7/ Lisez quelqu’un d’autre
Dans Steal Like an Artist, Austin Kleon dit qu’un artiste est d’abord un collectionneur : rien n’est original, on collecte, on digère, et on recrache à sa sauce. On ne sort que ce qu’on a mis dedans.
Et parfois, le puits est vide.
Si vous avez l’impression de vous répéter dans vos posts, ce n’est pas un manque de talent. C’est un manque de stock.
Trois semaines à produire sans rien lire de neuf, et on écrit à sec.
Alors, ouvrez un livre, un roman, une biographie, un livre d’histoire, n’importe quoi mais évitez de scroller sur les réseaux sociaux. Vous n’y trouverez que ce que vous savez déjà et réactiverez simplement le biais de comparaison.
Et si les livres ne suffisent pas, l’autrice Erin Khar a une technique pour les jours de blocage : elle pioche une phrase dans un livre qu’elle aime et elle en fait sa première ligne. Ouvrez n’importe lequel, prenez la première phrase qui vous arrête, et partez de là.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !



ça me fait penser à un ancien article où tu disais : "si vous avez la flemme, écrivez juste 15 minutes compteur à la main" la plupart du temps, la machine est lancée de mon côté et je continue sans m'en rendre compte :)
Merci Maud. J'aime bien certains trucs partagés dans cette édition. Le fait de lire et de se nourrir de quelques mots me parle beaucoup. Il faut que je me rappelle plus souvent le bien que ça me fait quand je le fais !