Ces 5 ressources gratuites m'ont appris le storytelling mieux que n'importe quelle formation payante
#224 Ou de quoi vous occuper cet été si vous vous ennuyez.
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Tout ce que vous devez savoir est disponible sur Internet
Pourquoi votre cerveau devient accro
L’arc que suivent (presque) toutes les histoires
Les histoires ont une forme
Vos personnages veulent une chose, ils ont besoin d’une autre
Le petit mot qui tue vos histoires
Le vrai apprentissage
Tout ce que vous devez savoir est disponible sur Internet
Il arrive qu’un prospect ou un journaliste me demande où j’ai appris le copywriting.
Cette question m’a souvent gêné. J’avais l’impression qu’on attendait que je dise le nom d’une école, d’une formation, quelque chose de sérieux et de certifiée en somme.
Alors que la réponse est beaucoup plus simple : sur Internet.
Pour donner un peu plus de « contenance » à mon savoir, j’ai aussi plongé dans beaucoup de livres ensuite. Mais si je dois être honnête, je pense que certaines vidéos ou contenus gratuits, parfois très courts, m’ont appris les 20% nécessaires pour obtenir 80% des résultats.
La seule difficulté, c’est de les trouver.
Alors pour vous épargner les heures de vidéos que j’ai avalé, je vous partage ici les 5 qui m’ont le plus appris sur l’art du storytelling, avec leurs concepts résumés.
1/ Pourquoi votre cerveau devient accro
Dans cette vidéo, Kallaway explique un principe essentiel du storytelling : la dopamine.
Contrairement à ce que l’on croit, la dopamine n’est pas la molécule du plaisir, mais celle de l’anticipation. Elle ne se déclenche pas quand on obtient la récompense, mais quand on essaie de deviner ce qui va arriver.
C’est pour ça qu’un distributeur automatique n’est pas addictif, on sait ce qu’on va obtenir, alors qu’une machine à sous l’est, on ne sait jamais. La seule différence, c’est l’incertitude.
Si vous tourner frénétiquement les pages d’un roman, c’est précisément parce que vous ne savez pas ce qu’il va se passer et que vous mourrez d’envie de le savoir.
De cette notion, Kallaway tire une boucle en quatre temps qu’on retrouve dans toutes les histoires dont on arrive pas à décrocher :
Les enjeux : un personnage auquel on tient, quelque chose à perdre, et une urgence. Sans ça, le cerveau ne prédit rien.
La grande question : assez d’indices pour que le cerveau se mette à parier sur la suite.
La fausse piste : la réponse casse la prédiction. Ce décalage déclenche le plus gros pic de dopamine, à condition que la surprise paraisse logique et pas gratuite.
La relance : au moment où une boucle se ferme, on en ouvre une autre. Jamais de temps mort.
Et ça va plus loin : après la théorie, la vidéo déroule un playbook tactique pour appliquer les quatre étapes à vos propres contenus, avec des exemples concrets. En plus de ça, il livre aussi des templates de storytelling que je vous mets ici :
2/ L’arc que suivent toutes les histoires
Cette masterclass de Bernard Werber est probablement celle qui m’en a le plus appris sur le storytelling. Si vous ne devez en regarder qu’une seule, c’est celle-ci, notamment car il présente le concept de l’arc narratif.
Une histoire à un squelette : un démarrage, une intrigue, une chute.
Le principe est simple. Un héros est présenté, puis il affronte une adversité. Et cette adversité doit monter. Plus l’obstacle est fort, plus le héros est méritant, et plus on s’accroche. Chaque épreuve lui fait découvrir une facette de lui-même, jusqu’au climax, le moment où tout semble perdu.
Si, dès le début, le héros bat le méchant, se marie et trouve le trésor, on tourne les pages et on s’ennuie. C’est le principe de la dopamine évoquée plus haut. La tension naît quand on ajoute des difficultés, pas quand on les enlève.
Bien évidemment, cette masterclass va plus loin. C’est un atelier d’écriture complet d’environ une heure. Werber y parle aussi de l’envie d’écrire et de la peur du jugement, de la mécanique du suspense (sa fameuse “ligne du foutage de gueule”), des personnages, de la chute, et même de comment se faire éditer.
3/ Les histoires ont une forme
Si toutes les histoires suivent le même arc narratif, elles ne suivent pas toutes la même courbe émotionnelle.
Le romancier Vonnegut l’explique très bien avec son graphique. Un axe vertical, du malheur en bas au bonheur en haut. Un axe horizontal, du début à la fin. Et il trace la courbe de chaque histoire.
La première, par exemple, il l’appelle “l’homme dans le trou” : quelqu’un va bien, tombe dans un trou, en ressort, et finit un cran plus haut qu’au départ. Simple, et pourtant on ne s’en lasse jamais.
La deuxième, “garçon rencontre fille” : un jour ordinaire, quelqu’un trouve quelque chose de merveilleux, le perd, puis le retrouve. Encore une montée, une chute, une remontée.
Et il glisse une nuance que j’adore : les vrais chefs-d’œuvre, comme Hamlet, refusent cette jolie courbe. Parce que dans la vie, on sait rarement, sur le moment, si ce qui nous arrive est une bonne ou une mauvaise nouvelle.
Si vous n’avez pas beaucoup de temps, je vous recommande vivement cette vidéo. Elle ne dure pas très longtemps, elle est drôle, et vous comprendrez pleins de choses.
4/ Vos personnages veulent une chose, ils ont besoin d’une autre
Je ne sais pas si vous le savez, mais en l’occurrence, Pixar a créé tout un cours de plusieurs heures sur le storytelling. Une vraie mine d’or d’information si jamais vous avez le temps.
Le principe que j’ai trouvé le plus intéressant (et le moins redondant avec les autres informations déjà présentes dans les autres vidéos), c’est l’idée qu’une histoire née de l’écart qui réside entre ce qu’un personnage veut et ce dont il a réellement besoin.
Le désir, c’est le but visible. Devenir champion, être promu, être le meilleur cuisinier du monde. C’est ce qui pousse le personnage à agir, et c’est souvent là que se trouve le divertissement de l’histoire.
Mais ce qu’un personnage veut n’est presque jamais ce dont il a besoin. Le besoin, c’est ce qu’il doit apprendre pour grandir, et c’est en général ce qu’on n’aime pas s’avouer. Manger ses légumes plutôt que foncer sur le dessert.
Et quand le désir et le besoin s’opposent, l’histoire devient forte. Deux exemples qu’ils donnent :
Woody, dans Toy Story, veut rester le jouet préféré d’Andy. Ce dont il a besoin, c’est d’apprendre à partager, à ne pas toujours devoir être le meilleur.
Sully, dans Monstres et Cie, veut grimper dans la hiérarchie. Puis débarque Boo, une petite fille dont il ne voulait pas s’occuper et qui menace toute sa carrière. Peu à peu, il choisit ce dont il a vraiment besoin : ce lien avec elle, plutôt que sa promotion.
Comme le dit Pixar, le désir, c’est le spectacle, mais le besoin, c’est le cœur émotionnel, ce dont les gens se souviennent des années plus tard.
5/ Le petit mot qui tue vos histoires
Un jour, les créateurs de South Park sont venus donner une masterclass de storytelling dans un amphi et ils ont expliqué une règle très simple mais redoutablement efficace : quand ils construisent un épisode, ils s’interdisent de relier deux scènes par “et puis”. Chaque scène doit s’enchaîner avec “sauf que” ou “du coup”.
“Il se passe ça. Sauf que. Du coup. Sauf que. Du coup.”
Ça paraît bête, mais le “Et puis”, c’est une liste. Ça juxtapose des événements sans lien comme dans Wikipedia, et le lecteur décroche. “Sauf que” et “du coup”, créer de la causalité. Chaque étape découle de la précédente, et c’est ce fil de cause à effet qui donne envie de savoir la suite.
Le vrai apprentissage
Honnêtement, ces 5 vidéos vous donnent toute la connaissance nécessaire pour raconter de bonnes histoires. Et à l’ère de l’IA, je suis persuadée que c’est une compétence qu’il est plus que nécessaire de développer.
En revanche, ce que ces vidéos ne font pas, c’est vous donner l’expérience. Et c’est surtout là que vous en apprendrez le plus. Écrivez. Racontez des choses. Faites des tests.
Aucun cours et aucune masterclass ne vous apprendra autant à écrire, qu’écrire.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !
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