Il m'arrive quelque chose dont je ne peux pas encore parler.
#220 Ou comment continuer à créer quand votre vie est en stand-by.
Hello,
Bienvenue dans cette édition #220 des Persos de Maud ! On est désormais 24,364 dans cette newsletter. Que tu sois là depuis le début, ou que tu viennes de me découvrir, merci de me lire ❤️.

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Au programme
Il se passe quelque chose dont je ne peux pas encore parler
Quand la mue est longue
Tout d’abord : est-ce que vous ne pouvez vraiment pas en parler ?
Comment gérer l’embargo
Le temps de la mue
Il se passe quelque chose dont je ne peux pas encore parler
Depuis quelque mois maintenant, il se passe quelque chose dans les coulisses de ma vie dont je ne peux pas encore vous parler.
Je vous rassure tout de suite : rien de négatif.
C’est même l’inverse. Il se passe quelque chose de positif, qui change pas mal la donne, mais d’encore incertain.
Trop incertain pour en parler.
Et me voilà donc dans une fâcheuse situation que je connais bien pour avoir accompagné pas mal de clients dans ce cas : celle du cul entre deux chaises.
Par exemple :
Ce client qui était en discussion pendant des mois avec des investisseurs pour vendre sa boîte, mais qui ne pouvait pas en parler car les employés n’étaient pas au courant et qu’il ne fallait pas compromettre la vente. Et pourtant, la vente allait tout changer.
Cette cliente qui vivait un conflit avec son associé mais qui ne pouvait pas en parler car, encore une fois, personne dans la boîte n’était au courant, et il fallait préserver l’équilibre tant que le conflit n’était pas définitivement résolu.
Ce client qui ne se sentait plus aligné avec son projet mais qui ne pouvait pas en parler parce qu’il n’avait pas encore défini sa prochaine étape.
Autrement dit, ce sont les phases de transition.
Quand la mue est longue
Le problème avec ces phases-là, c’est qu’elles demandent d’être un peu schizophrène.
Comme vous ne pouvez pas encore annoncer ce qu’il se passe, vous êtes coincé dans votre “ancienne peau” alors que vous vous sentez déjà dans une nouvelle. Vous êtes comme un serpent qui n’arrive pas à muer.
Quand cela dure un temps, ça passe encore. Mais quand la mue s’étale sur plusieurs mois, ça entraine souvent un cercle vicieux pour la communication :
Le problème étant, bien sûr, qu’on ne peut pas toujours accélérer la transition.
Que ce soit pour un conflit d’associé, une vente de boite, un nouveau business, un litige quelquonque, on se retrouve dans une situation dont les tenants et les aboutissants ne dépendent pas que de nous.
Il faut attendre.
Et en attendant, il faut tenir le cap dans la communication.
Alors, comment fait-on pour continuer à communiquer comme si de rien n’était quand tout est en train de changer ?
Tout d’abord : est-ce que vous ne pouvez vraiment pas en parler ?
Honnêtement, dans beaucoup de cas, la réponse est non. On croit qu’on ne peut pas, alors qu’en réalité, c’est juste on ne veut pas.
La distinction est capitale.
Quand ce qui vous arrive est difficile (les affaires qui vont mal, une période de doute, un échec dont la pilule a du mal à passer), vous pouvez presque toujours en parler. Mieux : vous avez probablement intérêt à le faire.
La vulnérabilité est ce qui crée le plus de lien sur les réseaux. J’en ai fait une édition entière ici : En ce moment, c’est la crise.
Mais il y a des cas où, non, vraiment, vous ne pouvez pas en parler. Et ce n’est pas une question de courage :
Parce que d’autres que vous sont concernés (un associé, des salariés, un acheteur), et qu’en parler les mettrait en danger.
Parce que c’est juridiquement sous cloche : une vente en cours, un litige, une clause de confidentialité.
Parce que ce n’est même pas encore acté, et qu’annoncer une chose incertaine, c’est prendre le risque de faire la girouette ensuite.
Voilà les vraies situations d’embargo.
Comment gérer l’embargo
Pour rappel, le risque numéro 1 pour faire capoter une stratégie de personal branding, c’est de s’arrêter.
Et quand on est sous embargo, le risque de s’arrêter est grand.
Alors, la question devient : comment continuer à publier quand on a un secret dont ont ne pas parler ?
Voici ce que je fais, et ce que je conseille :
Annoncez qu’il se passe quelque chose sans dire quoi
Vous remarquerez l’inception de cette newsletter. Je profite de ce qui m’arrive pour en faire un sujet de contenu, ce qui a deux avantages : 1/ cela m’enlève un poid. Maintenant vous savez. 2/ ça permet de teaser sur ce qui arrive.Faites le tri de ce qui est dicible.
Dressez un tableau avec trois colonnes.
1/ Ce que je peux dire : le fait qu’il se passe quelque chose, mon ressenti, ce que cette transition m’apprend.
2/ Ce que je ne peux pas dire : les noms, les chiffres, les détails qui identifient.
3/ Ce que je garde pour après : l’annonce officielle, toutes les coulisses de ce qu’il s’est passé.Repliez-vous sur vos intemporels et recyclez du contenu.
Le but est de garder la cadence tout en admettant que vous n’avez pas la même énergie. Donc c’est le moment de mettre de côté les contenus trop ambitieux. Ne cherchez pas à réinventer la choucroute ni à innover. Réutilisez vos anciens contenus. Faites des contenus faciles pour vous.Réduisez la cadence sans couper le moteur.
Passez de trois posts par semaine à un seul. L’objectif n’est plus de performer, il est juste de rester là. Une présence, même discrète, vaut mille fois plus que le silence.Servez-vous de l’attente.
Profitez de ce temps peut-être un peu plus calme (même si pas toujours), pour préparer la prise de parole que vous ferez le jour où vous pourrez enfin tout dire. Le jour où la nouvelle tombe, vous n’êtes pas pris de court.
Le temps de la mue
Austin Kleon écrit que le travail créatif a des saisons, comme un arbre, et qu’une partie du métier consiste à savoir dans laquelle on se trouve et à agir en conséquence. Il y a des printemps où l’on fleurit, et des hivers où l’on tient bon sous la neige.
On ne peut pas avoir que des printemps et des étés.
Alors si vous traversez en ce moment une de ces mues que vous ne pouvez confier à personne, voici ce que j’aimerais que vous reteniez.
Vous n’êtes pas obligé de tout dire pour rester présent. Vous n’êtes pas obligé de disparaître non plus. Et vous n’êtes pas obligé de tout donner en permanence. Vous avez le droit de ralentir deux minutes, le temps que les choses se dégoupillent.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !
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