J'ai 140k abonnés. Voici comment je gère la critique.
#218 Ou ce que 6 ans à prendre des commentaires négatifs dans la figure m'ont appris.
Hello,
Bienvenue dans cette édition #218 des Persos de Maud ! On est désormais 24,216 dans cette newsletter. Que tu sois là depuis le début, ou que tu viennes de me découvrir, merci de me lire ❤️.

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La contre-soirée dans la salle de bains
Il n’y a que les fous qui ne sont pas affectés
Ça ne s’en va pas
Mais on peut se protéger et mieux encaisser les coups
La contre-soirée dans la salle de bains
Récemment, je me suis pris ce qu’on appelle une shitstorm.
Plus concrètement, ça veut dire que j’ai publié une newsletter qui a fait plus de vues et de likes que d’habitude, et que quelqu’un (qui n’est pas abonné) a trouvé bon de repartager la newsletter avec un commentaire extrêmement désagréable, sur lequel une série de 10 personnes n’ont rien trouvé de mieux à faire que de critiquer mon travail à cœur joie.
Je ne vais pas vous mentir, recevoir une critique directement sous son contenu n’est pas quelque chose de plaisant.
Mais alors, découvrir une conversation en dehors de votre contenu, sous laquelle un groupe de gens vous défonce sans vergogne, c’est pire. C’est comme découvrir qu’une contre-soirée s’est lancée dans la salle de bains juste pour pouvoir bitcher sur vous.
Me voilà donc dans cette salle de bains, à lire ce commentaire beaucoup trop long applaudi par trop de personnes, comme quoi ma newsletter ne vaut même pas la peine d’être lue car je vends ma choucroute dès les premières lignes.
Et là, j’ai vu mes doigts sur le clavier taper : “Okay ! Question sincère : serait-ce mieux venu à la fin selon toi ?”.
Question à laquelle ma critique a répondu : “ABSOLUMENT. 100%”.
Tout simplement.
Honnêtement, j’ai été surprise de ma propre réaction. À ce moment-là, je me suis fait une bonne tape à l’épaule pour me féliciter d’avoir évolué.
Il n’y a que les fous qui ne sont pas affectés
Ce midi, alors que je parlais de cette newsletter à mon amour entre deux bouchées de Goatcheese, je lui ai demandé :
— C’est quoi ta perception à toi de la manière dont je gère la critique ?
— Hmm… je pense que tu as beaucoup évolué ces dernières années.
— Ah ? Et sur une échelle de 0 à 10, tu penses que je gère ça comment ?
— 8.
Mon amour me connaît depuis un peu plus de 3 ans maintenant. Je pense qu’au moment où il m’a rencontré, j’étais sur une gestion de la critique à 5 sur 10. Et je pense que lorsque j’ai démarré dans la création de contenu, j’étais à 2 sur 10.
Oui, j’ai déjà pleuré en lisant des commentaires.
Oui, j’ai déjà fait l’erreur de répondre à un hater et de m’en prendre plein la figure en retour.
Oui, j’ai déjà perdu des heures à refresh une page pour vérifier les nouveaux commentaires détestables qui puissent apparaître.
Oui, j’ai déjà arrêté de travailler une après-midi parce que des commentaires me prenaient trop la tête.
Oui, j’ai déjà perdu de longues minutes à repenser aux commentaires négatifs que j’avais lus dans la journée.
Et si vous voulez mon avis, c’est normal.
J’ai croisé beaucoup de créateurs de contenus, allant de dizaine à des millions d’abonnés. Honnêtement, la critique est un sujet pour 85% d’entre eux.
Ensuite, oui, il y a les 10% qui arrivent à s’en foutre.
Et les 5% qui s’en nourrissent.
Ça ne s’en va pas
Mais si vous lisez encore ces lignes, c’est que malheureusement pour vous, vous faites partie de la majorité qui se sent affectée.
Alors, comment s’en débarrasser ?
On ne peut pas.
1/ On ne peut pas se débarrasser de la critique.
Au début, j’étais très stressée à l’idée de recevoir une critique car j’avais ce fantasme du travail parfait. Je me disais : “si je fais du bon travail, je ne recevrai pas de critiques”.
Ah misère.
Il n’y a rien de plus faux. Tout d’abord, qui peut vraiment juger de si un travail est bon ou non ? Ensuite, comme l’humanité est faite de gens vraiment différents, comment peut-on imaginer qu’un travail puisse plaire à TOUT le monde ?
La première chose qui m’a fait évoluer sur ma gestion de la critique, c’est de partir du principe que j’allais en recevoir par défaut — et non pas si je faisais du bon travail ou non.
Quand j’ai besoin de relativiser, je me rappelle que même les Pyramides de Kheops, merveille du monde, ont des avis 1 étoile :
“Vous n’êtes pas responsable de la réaction”, écrit Elizabeth Gilbert. Votre travail s’arrête quand le texte quitte votre bureau. Le reste, ce que les gens y projettent, y lisent, y inventent, ne vous appartient pas.
2/ On ne peut pas se débarrasser de l’émotion négative
J’aimerais vous dire qu’avec le temps, on s’habitue.
Et, oui, dans une certaine mesure, c’est vrai. Il y a certaines critiques, certains mots, certaines remarques que j’ai pris l’habitude de lire à mon sujet et qui me coulent un peu plus dessus.
Mais dire qu’elles ne me font rien du tout serait faux.
Ce n’est pas une faiblesse, c’est de la mécanique. Pour le cerveau, être rejeté fait littéralement mal : Naomi Eisenberger (UCLA) a montré que l’exclusion sociale active les mêmes zones que la douleur physique. C’est logique, on est câblés pour appartenir au groupe parce que nos ancêtres isolés mouraient.
Ensuite, le biais de négativité fait qu’on focalise toute notre attention sur un commentaire méchant et qu’on oublie les 100 commentaires positifs à côté.
Bref, à part les 15% de la population qui sont (à mon humble avis) soit des moines stoïciens, soit des sociopathes, nous autres sommes condamnés à ressentir de la honte et de la colère quand on tombe sur un commentaire acerbe.
Mais on peut se protéger et mieux encaisser les coups
Si la critique et notre émotion sont inévitables, ce qui peut être évité en revanche, c’est le temps qu’on passe englué dans cette émotion négative.
En 6 ans, voici ce que j’ai mis en place :
1/ Protéger ma forteresse
Tout d’abord, sachez qu’on n’est pas obligé de vivre avec la critique en permanence sous le nez. Les réseaux sociaux n’existent que derrière un écran. Ce n’est pas comme si les gens vous courraient après dans la rue pour vous hurler dessus que votre dernier post était nul.
Ce que j’ai fait :
Supprimer toutes mes notifications. C’est-à-dire que lorsque je clique sur l’onglet “notifications” sur Linkedin par exemple, je ne vois même pas les commentaires des gens s’afficher. Le seul moyen que j’ai de le savoir, c’est vraiment d’aller voir sous le post, volontairement.
Ne surtout pas aller sur les réseaux le matin et le soir. De mon expérience, c’est au réveil et au coucher que notre mental est le plus fragile. Mon téléphone ne dort plus avec moi, et j’ai en place une règle stricte : je ne le touche pas la première heure après mon réveil. Au moins, si je me prends un commentaire dans la figure, je suis sappée et maquillée pour le recevoir. Pas en culotte dans ma salle de bain.
Voir une psy. Sincèrement, je pense que si tout le monde allait voir un psy toutes les semaines, le monde irait beaucoup mieux, mais ce n’est pas le sujet de cette newsletter. Dans mon cas, la psy m’aide quotidiennement à renforcer mon estime de moi, ma confiance, bref, ma forteresse intérieure.
Se confronter quand on est prêt. Avec le temps, je sais un peu mieux quels types de contenus vont faire mouche (et de facto recevoir plus de critiques), et quels contenus vont rester sous les radars. Du coup, j’ai tendance à alterner. Quand je sens que je suis plus fragile, je ne m’expose pas.
2/ Apprendre à encaisser les coups
Même en faisant tout ça, on ne peut pas empêcher d’avoir un commentaire qui passe de temps en temps et qui fait mal. Dans ce cas, voici ce qui m’a aidé à mieux appréhender la situation :
Ne rien prendre personnellement. Chaque fois que je vois un commentaire négatif, je me rappelle que ça en dit plus sur la personne que sur moi-même. Je fais un effort d’empathie : peut-être que cette personne passe une mauvaise journée, voir une mauvaise vie. Peut-être que mon propos lui rappelle de mauvais souvenirs. Ou peut-être même qu’elle s’est sentie jugée ou que ça remet trop de choses en questions pour elle. Bref, ce n’est pas à propos de moi.
Voir les choses comme du feedback. Comme raconté au tout début de cette newsletter, j’ai désamorcé la situation en prenant le retour (certes exposé avec beaucoup d’agressivité) comme un simple retour. En général, quelqu’un d’énervé a juste besoin de se sentir écouté. Carl Sandburg répond toujours de la même manière à ses critiques :
Me rappeler que j’ai mieux à faire que de débattre avec des inconnus sur Internet. Cette citation, je la dois à Austin Kleon, et vraiment, je me la répète souvent. J’ai mieux à faire, et vous aussi.
Couper, et sortir. Si les commentaires sont trop fort, alors je rééquilibre avec une activité qui me fait du bien. J’avais lu quelque part que le burnout était dû au fait qu’on fasse trop de choses qui ne nous plaisent pas, et pas assez qui nous plaisent. J’appliqe le même principe à la dépression : il doit m’arriver plus de choses qui me font du bien que de choses qui me font du mal.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !
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