J'ai lu 23 livres sur l'écriture. Voici les 5 trucs qui reviennent tout le temps.
#217 Ou l'essentiel de toutes mes lectures.
Il y a 6 ans, j’ai commencé à écrire du contenu sur les réseaux sociaux, initialement pour faire connaître mon projet d’entrepreneuriat. Et comme j’avais envie que mes posts “fonctionnent”, j’ai cherché du contenu pour comprendre comment mieux écrire.
C’est là que je suis tombée dans la marmite.
J’ai commencé par des livres sur le copywriting pur et dur (comme “100 Ways to improve your writing” de Gary Provost), pour élargir ensuite à l’écriture au sens large (comme avec “On Writing” de Stephen King), et finir sur des livres beaucoup plus orientés sur la créativité (comme “Big Magic” d’Elizabeth Gilbert) — sans parler de toutes les masterclass, articles, podcasts, et vidéos Youtube que j’ai avalé sur le sujet.
Honnêtement, au grand dam de mon compte en banque, il y a peu de choses que j’achète aussi rapidement qu’un livre sur l’écriture et la créativité (je vous épargne la liste de ma PAL).
Mais dans cette boulimie, j’ai fini par trouver une bonne nouvelle : beaucoup de conseils se recoupent.
Dans cet article, j’ai donc décidé de vous épargner votre temps et votre argent, pour vous partager l’essentiel : les 5 trucs qui reviennent tout le temps.
1/ Écrire, c’est lire
Stephen King écrit : « If you want to be a writer, you must do two things above all others: read a lot and write a lot. »
Lire beaucoup, écrire beaucoup. 100% des écrivains le disent : on n’écrit jamais à partir de rien. On écrit à partir de ce qu’on a absorbé.
Austin Kleon va même plus loin dans “Steal Like an Artist”. Pour lui, rien n’est vraiment original. On collecte, on digère, on recrache à sa sauce. Nos idées sont un mélange de toutes les idées des autres.
Ce qui veut dire qu’il faut “pay attention to what you pay attention to” (Amy Krouse Rosenthal). Faire attention à ce à quoi l’on fait attention.
Et pas seulement les livres. “Lire”, c’est aussi remarquer. Dorothea Brande appelle ça « l’innocence de l’œil » : regarder le monde comme un enfant qui le découvre, voir ce que les autres ne voient plus parce qu’ils ont arrêté de regarder.
Un écrivain est une éponge.
Concrètement, les conseils que j’en ai tirés :
Tenez un swipe file. Un seul endroit où vous capturez tout : une phrase entendue dans le métro, une bonne accroche, une idée qui vous passe par la tête.
Lisez en dehors de votre domaine. Les meilleures histoires, informations, et inspirations viennent toujours d’ailleurs.
Notez sur le moment. N’attendez pas d’être face à votre ordinateur ou carnet pour noter vos idées.
2/ Écrire, c’est dur
Je ne sais pas pourquoi les gens s’imaginent qu’écrire est facile.
C’est faux, et toutes les personnes qui sont passées par cet exercice s’accordent pour le dire. Poser son cul sur une chaise pour écrire est tellement difficile que les meilleurs ont inventé des stratagèmes pour y arriver :
Victor Hugo demandait à son valet de lui confisquer ses vêtements pour être sûr de ne pas sortir avant d’avoir écrit. Il travaillait nu, enfermé chez lui.
Maya Angelou louait des chambres d’hôtel miteuses sans décoration ni distraction, pour pouvoir passer ses journées à écrire.
Neil Gaiman s’est construit une cabane au fond de son jardin sans internet dans laquelle il n’a le choix de faire que deux choses : rien ou écrire.
Steven Pressfield appelle ça la Résistance, avec un grand R. Cette petite voix qui vous fait ranger votre bureau, vérifier vos mails, vous convaincre que vous écrirez mieux demain. Plus un projet compte pour vous, plus la Résistance est forte.
Dans “Big Magic”, Elizabeth écrit que “la frustration n’est pas une interruption du processus; la frustration est le processus”.
Ceci étant dit, elle apporte une nuance que j’aime beaucoup : elle refuse l’image de l’écrivain qui souffre. On peut créer par curiosité plutôt que par douleur. La peur a le droit de monter dans la voiture avec vous, dit-elle, mais elle n’a pas le droit de conduire.
Concrètement, les conseils que j’en ai tirés :
Éloignez-vous des distractions. Mettez les écrans dans une autre pièce si vous le pouvez.
Faites preuve de persévérance. Ne vous attendez pas à ce que ce soit facile. Trouvez du plaisir dans le processus.
Commencez avant d’être prêt. L’envie d’écrire vient presque toujours en écrivant, pas avant.
3/ Écrire, c’est une habitude
On croit qu’écrire demande de l’inspiration. En vrai, ça demande surtout une chaise et une heure fixe.
Les auteurs les plus prolifiques ne sont pas les plus inspirés.
Ce sont les plus réguliers.
Dans “Becoming a Writer”, Dorothea Brande explique que la plupart des gens n’ont pas de difficulté avec ce qu’ils écrivent, ils ont carrément des difficultés à se mettre à écrire quoi que ce soit.
Alors, pour commencer, elle conseille de faire petit : fixer une heure fixe à laquelle écrire, peu importe quoi, même 15min pour démarrer. Son idée : en tenant le rendez-vous, on dresse l’inconscient. Il comprend qu’il n’a aucune raison de chercher des excuses, puisque de toute façon vous serez là.
Dans la même veine, Julia Cameron, propose un rituel devenu culte : les morning pages. Trois pages à la main, tous les matins, au réveil, sans réfléchir. Au début, c’est laborieux. Puis un jour, ça coule tout seul.
Concrètement, les conseils que j’en ai tirés :
Visez petit et tenable. Deux phrases par jour valent mieux qu’un post parfait par trimestre.
Comptez en temps, pas en pages. Asseyez-vous quinze minutes, même si rien ne sort. Le rendez-vous compte plus que le résultat.
Protégez ce créneau comme le feu sacré.
4/ Écrire, c’est réécrire
Si vous détestez votre premier jet, bonne nouvelle : c’est normal. Il est censé être mauvais.
Trop long, mal dit, brouillon. Ce n’est pas un problème, ce n’est que de la matière première. Le vrai travail commence après. Même les meilleurs y passent un temps considérable :
Ernest Hemingway a réécrit la fin de L’Adieu aux armes 39 fois, de son propre aveu. Sa raison : « Getting the words right ».
J.K. Rowling a réécrit le premier chapitre d'Harry Potter à l'école des sorciers 15 fois, à tel point que ses premières versions « n'ont plus aucune ressemblance » avec le livre final.
Roald Dahl reprenait le début d’une histoire jusqu’à 150 fois avant de la terminer. « Good writing is essentially rewriting », disait-il.
On n’écrit pas, on réécrit.
Concrètement, les conseils que j’en ai tirés :
Laissez reposer avant de relire. Une nuit suffit à voir son texte avec les yeux d’un lecteur.
Coupez 30 %.
Lisez-vous à voix haute. Ce qui accroche l’oreille accroche aussi le lecteur.
5/ Écrire, c’est penser
On croit qu’on écrit ce qu’on pense.
Sauf qu’en réalité, il se passe souvent l’inverse. Dans “Why I Write”, Joan Didion écrit qu’elle “écrit uniquement pour découvrir ce qu’elle pense.”. Flannery O’Connor dit : “J’écris parce que je ne sais pas ce que je pense tant que je n’ai pas lu ce que j’écris.”
Ce qui distingue un créateur, c’est rarement son style.
C’est surtout son point de vue.
Or, tant qu’une idée reste dans la tête, elle est floue. Écrire, c’est rendre une idée claire et concrète.
On peut apprendre à faire de jolies phrases. On ne peut pas emprunter un regard sur le monde. Et ce regard, on ne le trouve qu’en écrivant, encore et encore, en se confrontant à ce qu’on pense vraiment et pas à ce qu’on est censé penser.
Alors oui, je sais : « mais je n’ai pas d’avis tranché sur grand-chose. » Personne n’en a au départ. L’avis se construit phrase après phrase.
Concrètement, les conseils que j’en ai tirés :
Écrivez d’abord pour vous. Un brouillon que personne ne lira, juste pour voir ce que vous pensez.
Posez votre opinion avant de la rendre présentable. L’idée nette vient après, jamais avant.
Gardez vos vieux textes. C’est en vous relisant que vous voyez votre point de vue se préciser.
Écrire, ce n’est pas qu’écrire
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous l’aurez probablement remarqué : sur ces 5 idées, aucune ne parle de grammaire, de vocabulaire ou de jolies tournures.
On croit qu’écrire, c’est manier les mots.
Sauf qu’écrire, c’est tout ce qu’il y a autour : lire, remarquer, s’accrocher quand c’est dur, tenir un rythme, penser, recommencer. La mécanique des mots, finalement, est la plus petite partie du travail.
C’est plutôt une bonne nouvelle. Ça veut dire que bien écrire ne demande pas un talent réservé à quelques élus. Ça demande de lire, de regarder, de penser, de revenir et de recommencer. Des choses qui s’apprennent.
Et si vous ne deviez en lire que trois, voici mes préférés :
“Becoming a Writer”, Dorothea Brande. Écrit il y a 100 ans exactement. J’ai adoré prendre conscience que tout change mais que rien ne change.
“On Writing”, Stephen King. Des conseils concrets, mais aussi la meilleure manière de comprendre que l’écriture se joue en dehors de l’écriture.
“Big Magic”, Elizabeth Gilbert. Ma dernière pépite. Elle aborde la créativité au sens large, mais sous le prisme d’une grande écrivaine.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !
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