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Au programme
On ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est faux
La fin de l’authenticité
L’ère de l’authentification
Comment prouver qu’on est vraiment humain
On ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est faux
Cet été, j’ai eu un échange par email avec un lecteur qui m’a beaucoup perturbée. J’en retranscris ici les quelques lignes :
J, 10 juillet, 2h20
(en réponse au mail de bienvenue Substack)
Bonjour,
J'aimerais savoir si vous m'avez envoyé ce message par vous-même ou si c'est une IA qui exécute ça pour vous. J'aimerais savoir, c'est juste une question.
Maud, 10 juillet, 10h56
Bonjour ! Ni l'un ni l'autre :)
C'est un mail que j'ai écrit une fois, et que Substack envoie automatiquement à chaque nouvel abonné.
Bonne journée !
PS : ce mail est écrit par moi personnellement du coup :)
J, 4 août, 12h40
Ok content de savoir que vous êtes bien réelle. J'ai eu peur. Excusez-moi si j'utilise ce terme, mais il est difficile d'échanger avec de vrais gens sur les réseaux sociaux. En tout cas, je suis ravi de vous entendre par vous-même.Rien de grave vous me direz.
Non, effectivement.
À part que c’était la première fois de ma vie qu’on questionnait mon humanité.
Il y a quelques années, cet échange aurait paru complètement fou. On n’imaginait pas qu’un humain puisse demander à un autre humain “s’il était humain pour de vrai”.
Mais aujourd’hui, c’est devenu notre réalité.
J’imagine qu’il vous est déjà arrivé en scrollant sur les réseaux de vous demander si ce que vous étiez en train de regarder était une vraie vidéo, d’une vraie personne, ou une IA.
Et ça, ça change tout pour notre stratégie de personal branding.
La fin de l’authenticité
Même si je n’ai jamais été fan de ce terme, pendant très longtemps, on a promu l’idée de l’authenticité en personal branding.
Pour capter l’attention de l’audience et se différencier de la masse, il “suffisait” de se montrer authentique. Se montrer vraie. Sans maquillage. Sans artifices. Avec ses défauts et ses faiblesses. Sa vraie personnalité. Pas une qu’on se serait fabriquée sur les réseaux sociaux pour plaire.
Sauf qu’aujourd’hui, on peut montrer tout ça, et quand même recevoir un mail de quelqu’un qui se demande si vous êtes une vraie personne ou non.
Parce que la vérité, c’est qu’une IA peut reproduire l’authenticité presque à la perfection aujourd’hui.
Une IA peut créer une personne de toutes pièces, l’incruster dans de vrais moments, recréer des scènes du quotidien avec peu de maquillage et d’artifices, des vlogs voyage et food, et même faire croire qu’elle est allée à un concert d’Harry Styles.
C’est grisant.
Mais surtout, ce que ça veut dire, c’est que si l’IA reproduit l'authenticité, alors, l'authenticité ne prouve plus rien.
Elle ne permet plus d’inspirer confiance.
L’ère de l’authentification
Aujourd’hui, je pense que les gens doutent tellement de ce qu’ils voient en ligne (et ce n’est pas parti pour s’arranger) que l’enjeu est d’abord de prouver qu’on est humain.
Il faut prouver qu’on s’est authentifié, qu’on a cliqué sur l’option CAPTCHA “je ne suis pas un robot”, et qu’on n’est pas un vieux mec en hoodie derrière son ordinateur avec l’intention d’arnaquer le monde.
Il faut prouver que :
On existe bel et bien.
Que derrière notre compte, ce n’est pas Jean-Michel avec avatar.C’est bien nous qui créons nos contenus.
Et non pas qu’on délègue tout à une IA sans avoir aucune idée de ce qu’il se passe sur notre compte.On les créer sans l’aide de l’IA.
Qu’on n’a pas simplement envoyé des prompts à Chat GPT pour savoir quel article pondre aujourd’hui.
Et à chaque niveau, c’est la confiance qui se joue.
Quand on sait qu’un contenu est complètement pondu par une IA, il perd de sa valeur, car il perd en intention.
C’est un peu comme les cadeaux.
Entre celui acheté à la Fnac en deux-deux, et celui que la personne est allée chercher dans les fins fonds d’une petite boutique, qu’elle a emballé elle-même dans son propre papier, avec une petite carte glissée en plus, il n’y a pas photo.
Le deuxième fait tout de suite plus plaisir, parce qu’il est plein d’intention.
D’ailleurs, je pense que c’est pour ça que Léna Situations fonctionne aussi bien : on sent chez elle un amour du craft, des vlogs faits avec ses petites mains, et une réelle intention de partager avec son audience.
4/ Concrètement, comment prouver que vous êtes un humain
Alors, ne me méprenez pas : rassurer son audience sur le fait qu’on existe et qu’on a bien fait le travail a toujours été un sujet. Par exemple, depuis la nuit des temps, on accuse les auteurs à succès de ne pas avoir réellement écrit leurs livres pour les décrédibiliser.
Mais ce qui est nouveau, c’est qu’on y pense plus rapidement, et qu’il est plus difficile de prouver que c’est faux.
L’email de J m’a sincèrement questionnée.
Je me suis demandé comment on fait, aujourd’hui, pour prouver à quelqu’un qu’on est humain quand on ne se parle qu’à travers un écran, et quelles preuves on peut lui apporter, alors que l’IA sait à peu près tout faire.
Voici ma réponse. Tout ce qui suit est valable aujourd’hui. Dans deux ou trois ans, ça ne le sera peut-être plus, on verra. Mais pour l’instant, c’est là que ça se joue :
Faites des lives. L’IA ne sait pas falsifier un direct, pas encore en tout cas. Elle fabrique une belle vidéo de 40 secondes, elle ne tient pas 40 minutes de questions qui arrivent en temps réel.
Faites des vidéos longues sans montage. Les blancs, les hésitations et les reprises sont exactement ce qu’une IA ne produit pas.
Faites-vous prendre en photo avec plusieurs personnes, et demandez-leur de vous taguer depuis leur compte. Vos lecteurs peuvent aller vérifier que ces personnes existent, et qu’elles vous ont vue.
Allez chercher la validation externe : un événement physique, un plateau media, une interview chez quelqu’un qui a déjà interviewé des gens que votre audience connaît. Ces gens-là ne prêtent pas leur nom à un avatar.
Dites clairement comment vous utilisez l’IA, et comment vous ne l’utilisez pas. Par exemple, en août, j’ai raconté ma façon de travailler avec Claude, ce que je lui délègue et ce que je garde. Vos lecteurs préfèrent savoir plutôt que deviner.
Montrez le travail : votre carnet si vous en avez un, vos brouillons Google Docs sinon, une vidéo de process avec vos doutes dedans. Une IA vous rend un résultat, elle ne vous rend pas les ratures.
Et surtout, tenez bon sur la durée. Une IA peut falsifier des contenus assez facilement, mais plus difficilement une philosophie sur le long terme.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ❤️.
Maud
PS : et si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à les poser en commentaires !



Malheureusement, ça laisse peu de place aux personnes qui ne souhaitent pas montrer leur visage et qui préfèrent partager leurs idées et leur travail par l’écrit, sans forcément s’exposer physiquement. Montrer son processus de travail, ses carnets, ses inspis restent en revanche à la portée de tout le monde.
on ne peut plus d'accord. Merci pour les pistes concrètes et précieuses que tu offres pour se différencier et cultiver notre humanité.